Biographe et démarche de Krista Boggs, artiste-photographe
Je suis photographe américaine et je réside en France depuis 1994. Je suis diplômée d’un DULCO de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), avec une spécialisation en langues et civilisations kurdes, ainsi que d’un Bachelor of Libéral Arts and Sciences du Bard College (Annandale-on-Hudson, New York), avec une double spécialisation en photographie, sous l’enseignement de Stephen Shore et Larry Fink, et en danse/chorégraphie (niveau équivalent à un DEA français).
Mon travail photographique est étroitement lié à mon parcours personnel. Ma démarche explore les notions d’identité, de territoire et de frontières, à travers la métaphore du patronyme et du matronyme comme des traces.
Ma thèse photographique, « Une étude photographique de la généalogie, » dont j’ai appris pendant une séance de prises de vues que je photographiais une famille vers qui j’étais attiré par la ressemblance de la femme a ma mère et la fille à moi enfant… Ma mère m’a envoyé mon arbre généologique et j’ai appris que cette femme avait la même patronyme que la ligne maternelle de ma mère. Ce travail a été remarquée et m’a permis d’obtenir une résidence à la Cité internationale des Arts de Paris en 1994. Mon installation en France a marqué le début de mon parcours d’artiste photographe. En 1995, j’ai obtenu la Harriet Hale Woolley Scholarship pour poursuivre ce projet, qui a ensuite été présenté à l’American Center de Paris, ainsi que dans une exposition collective à la National Arts Club Marquis & Greg Galleries de New York et à la Galerie d’Arène à Arles.
J’ai collaboré pendant trois ans avec Josef Koudelka au sein de l’agence Magnum, tout en poursuivant mes recherches photographiques personnelles autour des questions d’identité constructive. Mon parcours a ensuite croisé celui des Kurdes à travers une singulière coïncidence de patronymes. J’ai développé des projets en banlieu Parisienne chez les kurdes et les Assyro-Chaldéens. L’Institut kurde de Paris, la Fondation France Libertés et le CCFD ont soutenu plusieurs de mes projets. En 1997, je me suis rendue au Kurdistan irakien pour réaliser un reportage photographique sur les communautés assyro-chaldéennes et yézidies. Ce travail a ensuite été présenté par la SCAM au Forum des Images à Paris.
En 2004, l’organisme néerlandais Paradox a produit un film consacré à cette série, projeté à
l’occasion de l’exposition Kurdistan, dans l’ombre de l’Histoire de Susan Meiselas à l’Hôtel de Ville de Paris. En 2006, la Bibliothèque nationale de France a acquis une partie ma série, « Traces Liminales » pour sa collection permanente du Département des Estampes et Photographies. De 2006 à 2009, Agnès b. m’a représentée à Paris Photo, au Carrousel du Louvre. Elle m’a également invitée à participer à une exposition collective à la Galerie du Jour en décembre 2006. La même année, une partie de « Traces Liminales » accompagnées d’un extrait de mon texte, a été publiée dans la revue Genèses, dirigée par Aman Iman et éditée par Filigranes, à l’occasion du Mois européen de la photographie à Paris.
Depuis plusieurs années, je poursuivi un travail au long cours sur le Salton Sea, le plus grand lac salé de Californie, situé au coeur du désert. Cette série a inspiré l’oeuvre de La Scaphandrière de Daniel Danis. Une vingtaine de mes photographies ont été intégrées à la scénographie de cette pièce, mise en scène par Olivier Letellier et présentée lors d’une tournée de plus de soixante-dix représentations entre 2011 et 2013, en France et à l’international, notamment au Théâtre national de Chaillot.
En 2013, j’ai bénéficié d’une aide à la diffusion du Conseil général du Lot pour mon exposition Traces liminales, présentée à la Galerie La Chambre Claire à Annecy (2013), à la galerie Black and White de Lutry, en Suisse (2014-2015), puis à la galerie de la Cévenne à Douelle (Lot) en 2016.
En 2017 et 2018, j’ai participé à plusieurs expositions collectives à Mercuès et à Fontanes (Lot), présentant des photographies réalisées au Kurdistan irakien vingt ans auparavant.
Lauréate de l’appel à projets du Parc naturel régional des Causses du Quercy en 2017-2018, j’ai réalisé une série de portraits argentiques à la chambre 4 × 5 pouces, de seize habitants âgés de 5 à 100 ans. Chaque personne a été photographiée dans le lieu naturel auquel elle s’identifiait le plus. Cette série a été exposée pendant six mois en plein air, sur de grands tirages installés dans trois villages du Parc.
Aujourd’hui, je poursuis un projet de portraits en argentique, grand format à la chambre 4 × 5 inch, dans mon atelier Espace Liminal, dont un laboratoire photo argentique.
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